Les Mamans du Monde


Sunlin et sa maman Vandy, Cambodge
31 juillet 2007, 9:43
Classé dans : Interviews

 

Vandy et SulinJ’ai rencontré cette famille à Siem Reap. Siem Reap est au nord du Cambodge, la ville qui héberge le site de Angkor et ses temples khmers, redécouverts au XXème siècle, envahis et parfois dévorés par la jungle.

La famille

Vandy, 27 ans, et son mari Kuhn, 29 ans, sont tous deux originaires de Siem Reap, où ils se sont rencontrés. L’un comme l’autre viennent de familles relativement aisées. Ils se sont mariés en 2003 et vivent depuis lors sous le même toit que les parents et le jeune frère de Vandy. Sa sœur, plus jeune, est partie pour les Etats-Unis, où elle vit aujourd’hui en Californie. Les grands-parents de Vandy, toujours en vie, vivent aussi à Siem Reap.

Vandy et Kuhn ont deux enfants : Malis, une fille de deux ans et demi, et un garçon Sunlin de 7 mois et demi.

Vandy et Kuhn ont choisi de travailler ensemble, et ont construit avec le soutien de leurs familles une auberge de jeunesse, Jasmine Guest House. Idéalement située dans la ville, elle est à l’image de ces nombreuses guest houses que le voyageur trouve sur son chemin en Asie du Sud-Est.

La vie quotidienne

Vandy et Kuhn, même s’ils se répartissent les tâches à la tête de la guest house, n’en sont pas moins très occupés. Beaucoup de voyageurs et de touristes sont attirés par le site de Angkor, et leur guest house, bien notée dans tous les guides de voyage est bien souvent remplie.

Vandy ne s’occupe généralement pas des enfants durant la journée. Malis, la petite fille, reste avec sa grand-mère et vient occasionnellement à la guest house passer du temps avec ses parents ou l’un ou l’autre des employés.

Sunlin, lui, est à la charge de deux employés de maison, une fille et un garçon d’une quinzaine d’années qui viennent de villages environnants. Issus de familles pauvres, ils ont trouvé avec cet emploi un moyen de subvenir aux besoins de leur famille tout en vivant dans des conditions décentes. L’un et l’autre vivent à la guest house, s’occupent de Sunlin, de Malis lorsqu’elle est là, et bien sûr de différentes tâches ménagères.

A la différence de beaucoup d’enfants en Asie, Malis et Sunlin ne côtoient que peu d’enfants de leur âge. Ils vivent essentiellement dans l’enceinte de la guest house, entourés d’adultes. Leurs parents, les employés qui sont autant de grands frères et de grandes sœurs, les clients… il y a toujours quelqu’un pour les divertir, s’occuper d’eux ou les nourrir.

Les enfants n’ont pas d’horaires imposés : il y a toujours un coussin ou un hamac à disposition pour qu’ils puissent d’eux-mêmes aller dormir, ils mangent lorsqu’ils ont faim. Sunlin passe beaucoup de temps avec les employés de maison et sa maman. Dès qu’elle est à la guest house, Malis préfère suivre son père… c’est lui le fournisseur officiel de bâtons glacés, dont elle raffole.

Les journées se terminent tard à la guest house. Sunlin passe généralement les soirées entre les bras de sa maman et ceux de ses nounous. Il ira dormir avec sa maman, lorsque les derniers clients auront quitté le bar, généralement vers minuit.

Les vêtements, les jouets, les accessoires pour bébé

« Pas de sucette ! ». Vandy est catégorique sur ce point, question d’hygiène. Même si les enfants jouent la plupart du temps sur le plancher du restaurant de la guest house, la sucette n’a pas droit de cité au Jasmine Guest House. Peu de jouets aussi, d’ailleurs, Malis est très affairée à suivre les grands et les mimiquer. Sunlin, quant à lui, ne se pose pas encore la question et n’a d’ailleurs que peu de temps pour s’y intéresser, sollicité qu’il est par tous.

Si les couches ne sont plus une question pour Malis, Sunlin, lui, en porte toujours la nuit. Le jour en revanche, il porte comme tous les petits enfants d’Asie un pantalon fendu qui lui permet de se soulager quand il en a besoin. Sunlin porte souvent les vêtements hérités de sa sœur, des vêtements toujours récents. La famille est relativement aisée, ce qui se ressent dans les conditions de vie.

Sunlin a un parc à jouets, même si des jouets, il en a peu. Il y passe parfois du temps, mais comme je le constate souvent en Asie, on ne laisse pas un enfant pleurer bien longtemps. Le moindre pleur suffit donc à le tirer du parc pour rejoindre les bras compatissants de sa nounou ou de sa maman pour le divertir et lui faire oublier la terrible épreuve qu’il vient d’affronter.

Et les anniversaires ? Malis n’en a pas encore eus, le premier sera pour ses trois ans. En attendant, elle et sa maman ont reçu des cadeaux pour sa naissance : du shampoing, des serviettes, du lait frais, des chaussettes, les yeux de Vandy rient encore en m’en parlant.

La maison

Vandy et Kuhn partagent leur maison avec les parents de Vandy et son frère. Je n’ai pas eu l’occasion d’aller dans leur maison. D’après Vandy, elle est relativement grande, lumineuse, comporte salle de bains et chambres à coucher…Vandy, Kuhn et leurs enfants disposent de tout le confort nécessaire, même si .

La guest house, par contre, est un peu leur deuxième maison. Ils y passent le plus clair de leur journée, dans une ambiance très détendue. Le personnel, jeune, se comporte comme faisant partie de la famille, avec les enfants notamment. Les enfants restent le plus souvent dans le restaurant / bar, une terrasse de bambous et de verdure, aérée par de gros ventilateurs.

Le développement des enfants

Malis a commencé à parler vers 10 mois : pa et ma pour appeler ses parents, elle pouvait aussi appeler son grand-père, et dire boeuf et… poisson, ses menus préférés. Elle a marché vers un an.

Sunlin, quant à lui, est nourri au sein. Mais dès l’âge de 4 mois, il a commencé à manger du riz, des bananes, et boire du lait. Il mange aujourd’hui du riz naturellement, des œufs, carottes, pommes de terre. C’est un bébé vigoureux, de 8.5 kg aujourd’hui, même si sa maman ne connaît pas sa taille, ne l’ayant jamais mesuré. Il s’appuie correctement sur ses pieds, et sa maman pense qu’il marchera d’ici deux mois.

L’éducation

Vandy et SulinVandy passe plus de temps aujourd’hui à jouer avec Sunlin qu’à l’époque avec Malis. Juste après leur mariage, la naissance de Malis est arrivée au moment où la guest house démarrait. Kuhn et Vandy était donc très occupés, et Malis s’est plus rapprochée de Kuhn qui joue le rôle de papa gâteau. Vandy m’explique qu’elle veut aujourd’hui être plus proche de son fils, elle s’arrange donc pour l’avoir toujours près d’elle.

Selon Vandy, l’éducation est essentiellement une affaire de mères. Les pères sont plus là pour apporter de l’affection et jouer avec les enfants.

Vandy s’estime très chanceuse. Elle a eu en premier lieu une fille, m’explique-t-elle, et celle-ci pourra l’aider aux tâches de la maison dès qu’elle aura 8 ou 9 ans : faire à manger, le ménage, les petites filles cambodgiennes jouent très tôt un rôle actif dans l’entretien du foyer.

Cette différence est fondamentale dans l’éducation : Vandy m’explique que les petites filles sont généralement scolarisées pour leur école primaire. Mais une fois qu’elles ont appris à lire et écrire, elles quittent bien souvent l’école pour venir aider leurs parents aux tâches ménagères.

Si Vandy m’explique cette règle, elle me dit aussitôt qu’elle compte bien ne pas l’appliquer à Malis. Kuhn et Vandy souhaitent que leurs enfants fassent plus tard des études, si possible aux Etats-Unis. En échange pour les enfants ? Une seule condition : ne pas entrer dans la police, qui n’est pas vraiment en odeur de sainteté au Cambodge !

La santé

Malis est née à l’hôpital pour enfants de Siem Reap. L’accouchement a été relativement difficile, sans péridurale. Il a duré 24 heures, la petite est née à minuit. Le jour même à 17 heures, sa maman quittait la clinique, de retour à la maison. Elle dut se faire suivre par le docteur quelques jours, avant de retourner travailler quinze jours après l’accouchement.

Malis a été nourrie au sein pendant deux mois. Elle est passée directement au lait en boite. Elle a été fréquemment malade, pleurait beaucoup. Aujourd’hui une part importante de son régime est fait de fruits, de chocolats et de bonbons.

Pour Sunlin, l’accouchement s’est passé beaucoup plus facilement, en trois heures. Il est né à la clinique, où sa maman a récupéré pendant une semaine avant de rentrer à la maison… Deux années avaient passé, et les conditions de vie de la famille s’étaient nettement améliorées.

Les deux grossesses ont été suivies par échographie. Pour Malis, une échographie à deux mois et demi, une autre à six mois. Dans le cas de Sunlin, dès 5 mois, elle savait qu’elle attendait un garçon.

Les parents ne sont jamais malades, le docteur de la famille a jusqu’à aujourd’hui amplement répondu aux besoins de la famille.

Le point final…

L’annonce d’une grossesse au Cambodge est le plus souvent très bien accueillie. Les cambodgiens rêvent d’avoir un enfant aux grands yeux, à la peau claire, aux cheveux bouclés, au long nez, avec de bonnes joues et des fossettes… le portrait d’un petit européen.

Je ne sais pas si c’est du au fait que ses enfants répondent au moins en partie à ce canon esthétique, mais Vandy me dit être très heureuse. Elle aime sa vie, estime avoir de la chance, elle adore ses deux enfants. Elle voudrait en avoir encore un ou deux, et a confiance en l’avenir.

Pour elle, ses enfants pourront être heureux s’ils sont correctement éduqués. Elle pense que des études aux Etats-Unis seront pour eux la clé vers un avenir prospère.

Comment j’ai rencontré cette famille

Siem Reap était la première étape de mon voyage. Et l’accueil chaleureux du Jasmine Guest House m’a séduit et permis de profiter de Siem Reap et des temples d’Angkor en toute sérénité. Chaque soir, je retrouvais au moins un moment Sunlin et sa maman, entourés comme toujours.

J’ai été surpris par l’atmosphère simple et heureuse du lieu et de ses habitants. L’atmosphère est celle d’une famille. Une famille étendue à ceux qui la rejoignent, comme les employés de la guest house ou les nounous des enfants. Des enfants dont tout le monde s’occupe, y compris les clients de passage emportés par l’ambiance du lieu.

J’ai été séduit par Sunlin, ce petit garçon de 7 mois au centre de toutes les attentions. Il a un regard serein, détaché sur son entourage. Sa sœur, plus grande, sait elle très bien jouer des attentions des uns et des autres pour arriver à ses fins.

Lorsque l’occasion de discuter avec Vandy s’est présentée, j’ai tout de suite eu envie de l’écouter et d’essayer d’en savoir un peu plus sur sa vie et celle de sa famille.


3 commentaires jusqu'à présent
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Sympa le portrait de famille !

( pour l’actualité du Cambodge, le site : http://www.netvibes.com/cambodia )

Commentaire par Cambodge

Le site internet de babymoov va héberger gratuitement le blog des mamans du monde !
La suite des aventures c’est par là : Blog des Mamans du monde…

Commentaire par babymoov




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